Transition énergétique : l’ANSAL-BF ouvre le débat sur les technologies solaires pour un mix énergétique durable

L’Académie nationale des Sciences, des Arts et des Lettres du Burkina Faso (ANSAL-BF) à travers le Collège Sciences et techniques a organisé un panel sur le thème « Centrales solaires photovoltaïques et centrales solaires thermodynamiques : quelles technologies pour une transition énergétique durable au Burkina Faso ? » le samedi 18 juillet 2026 à l’université Joseph KI-ZERBO. Cette rencontre a réuni chercheurs, experts, institutions publiques et acteurs du secteur de l’énergie afin d’éclairer les choix stratégiques du pays en matière de transition énergétique.

Face à une demande croissante en électricité, le Burkina Faso mise sur le développement du solaire, fort d’un potentiel d’ensoleillement exceptionnel. En 2024, le pays comptait huit grandes centrales photovoltaïques totalisant plus de 220 MW, représentant plus de 20 % du mix électrique national. En revanche, les centrales solaires thermodynamiques demeurent peu développées malgré leurs atouts.

Selon le président du comité d’organisation, Pr Stanislas OUARO, les deux technologies utilisent le soleil mais selon des procédés différents. Le photovoltaïque transforme directement le rayonnement solaire en électricité, tandis que le thermodynamique produit de la vapeur grâce à la chaleur du soleil pour actionner une turbine. Si le photovoltaïque est moins coûteux et rapidement déployable, il reste dépendant de l’ensoleillement, contrairement au thermodynamique qui, grâce au stockage thermique, peut produire de l’électricité même la nuit ou par temps nuageux.

Les communications ont été animées par plusieurs spécialistes issus d’institutions nationales et la modération a été assurée par Pr Alpha Omar DISSA, ancien ministre en charge de l’Energie, professeur titulaire à l’UJKZ.

Le Dr Alidou KOUTOU, de la Direction générale de l’Énergie, a présenté une communication sur l’efficacité énergétique et le rendement des centrales photovoltaïques et thermodynamiques dans les conditions climatiques du Burkina Faso.

Pour sa part, Daniel ILBOUDO, de l’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE), a analysé l’empreinte écologique comparée des deux technologies, en mettant en évidence leurs impacts environnementaux respectifs.

Le Prof Dr-Ing. habil. Kokouvi N’TSOUKPOE, de l’Institut 2iE, a partagé les résultats des travaux de recherche sur le développement de microcentrales solaires à concentration, une approche innovante visant notamment à favoriser la fabrication locale de certains composants afin de réduire les coûts de réalisation.

Cheik Ali TRAORÉ, représentant de l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie (ARSE), est intervenu sur les orientations stratégiques pour une politique énergétique durable.

Le président de l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie (ARSE), Dr Jean-Baptiste KI, a salué la pertinence du thème. Il a insisté sur la complémentarité entre les deux systèmes, estimant que le développement simultané du photovoltaïque, caractérisé par son intermittence, et du solaire thermodynamique, capable d’assurer une production continue grâce au stockage thermique, permettrait de garantir une alimentation électrique plus stable et de renforcer la souveraineté énergétique nationale.

Après le mot de bienvenue de Pr Karifa BAYO représentantle président du Collège ST, le Secrétaire perpétuel, Pr Hamidou TOURÉ représentant le président de l’ANSAL-BF, a rappelé que l’Académie a pour mission d’apporter aux autorités des avis scientifiques fondés sur des données probantes. Il a indiqué que les conclusions du panel déboucheront sur des recommandations destinées à orienter une politique énergétique fondée sur l’innovation, la maîtrise des technologies solaires et un mix énergétique performant.

Au terme des échanges, les participants ont convenu qu’il ne s’agit pas d’opposer les technologies photovoltaïques et thermodynamiques, mais de les rendre complémentaires afin de réduire durablement le coût de l’électricité et de soutenir le développement économique et social du Burkina Faso. Les recommandations issues du panel seront compilées dans un rapport de synthèse qui sera transmis aux décideurs publics.

La promotion de la femme scientifique était à l’honneur ce jeudi 21 mai 2026 à Ouagadougou à l’occasion de la 11e édition de la journée « Femmes et recherche pour le développement », organisée à la représentation de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Cette rencontre a réuni doctorantes, post-doctorantes, chercheures et enseignantes-chercheures autour des enjeux de la recherche scientifique au féminin au Burkina Faso.

La journée a débuté avec le mot de bienvenue aux participantes prononcé par Mme Gloria TIENDREBEOGO, Chargée du partenariat et de la valorisation de la recherche à la Représentation de l’IRD au Burkina Faso. A sa suite, le Dr Fabrice COURTIN, représentant de l’IRD au Burkina Faso dans son intervention en visio, a félicité les doctorantes et post-doctorantes qui ont répondu nombreuses à l’appel à communications de 2026. Il a remercié tous les partenaires institutionnels qui permettent chaque année l’organisation de cette journée de partage scientifique ainsi que les personnes impliquées dans l’édition 2026. Après avoir formulé ses vœux de plein succès aux sessions et au panel, il a lancé officiellement la journée.  

Plus d’une centaine de doctorantes ont postulé pour prendre part à cette édition, mais une soixantaine ont été retenues pour présenter leurs travaux. Les communications scientifiques ont été regroupées en quatre thématiques majeures : la sécurité alimentaire, les ressources naturelles, la société et la santé.

Les deux premières sessions de communications consacrées à la sécurité alimentaire et aux ressources naturelles ont été présidées par le Pr Yvonne BONZI/COULIBALY de l’Université Joseph KI-ZERBO, membre de l’Académie Nationale des Sciences, des Arts et des Lettres du Burkina Faso et partie prenante de l’organisation. Elle a salué l’engagement des jeunes chercheures et l’importance d’encourager davantage la participation des femmes dans les domaines scientifiques.

Les deux autres sessions portant sur la société et la santé ont été présidées par Dr Edwige TRAORE de l’Institut des Sciences des Sociétés du CNRST. Une visite des posters scientifiques a également permis aux participantes de présenter leurs travaux et d’échanger avec les visiteurs.

L’un des temps forts de cette journée a été le panel organisé autour du thème : « Rôle et parcours des femmes scientifiques au Burkina Faso ». Il a réuni trois panelistes: Dr Hela KAROUI de l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement, Pr Afsata PARE/KABORE de l’ANSAL-BF et Dr Mariétou SISSAO de l’Université Thomas SANKARA. Les échanges, modérés par Amandine LALSAGA, journaliste à la RTB et membre de l’association des journalistes et communicateurs scientifiques du Burkina Faso ont permis aux panelistes de partager leurs expériences, leurs défis et leurs parcours inspirants avec les jeunes doctorantes et post-doctorantes.

Cette 11e édition a également été marquée par la 2e édition de l’innovation majeure : la récompense de la meilleure communication scientifique afin de stimuler l’excellence et de rehausser le niveau scientifique des travaux présentés. Le prix de la meilleure communication est revenu à Delphine H. ZAOUA qui  a recueilli de loin le plus de votes pour sa communication  sur les effets biologiques de doses d’irradiation sur la mouche Bactrocera dorsalis.

Riche en échanges et en partages d’expériences, cette journée a offert un cadre de valorisation des travaux des jeunes chercheures, d’opportunités de réseautage et de promotion du leadership féminin dans la recherche scientifique au Burkina Faso.

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